Le titre du film revêt une grande importance pour moi ; il me rappelle mes jours à l'école alors que les professeurs nous disputaient et nous rappelaient fréquemment que nous sommes « les graines du futur Tibet » (Maon-Bhoe-ki-Sontsa). Le mot « seed » (graine en Français) est ainsi tiré de leurs propos et définit parfaitement le film.
Depuis le tout début, j'ai souhaité réaliser un excellent casting pour que ce film soit bon et il était très important pour moi d'attirer une bonne audience, mais difficile d'imaginer trouver les caractères adéquats car il s'agissait de ma première réalisation. Le fait que je sois en France pour trouver des Tibétains en Inde ne simplifiait pas les choses.
Hi5, était populaire, comme le réseau social Facebook, c'est un endroit où les jeunes Tibétains disséminés à travers le Monde déposent leur profil. J'ai pensé que cela pourrait m'aider à trouver mes acteurs. Mon but fut alors d'aller vers tous ceux qui présentent des visages attractifs, probablement ceux qui sont sûrs d'eux-mêmes et provocants, mais aussi qui étaient en Inde et plus particulièrement à Delhi ; heureusement les choses se sont présentées différemment et chacun de leurs caractères m'a inspirée comme s'ils m'indiquaient la marche à suivre et je crois encore que l'intérêt de ce film est dû à leur présence et à celle de toute l'équipe que j'ai réunie autour de moi.
Puisque je n'appartiens pas au cercle des « faiseurs de films », j'ai largement utilisé Internet et gagné une bonne connaissance du sujet, en partant des films du début salués par la critique jusqu'à maintenant. J'ai plus spécialement consulté les livres et les interviews traitant du sujet. Je me suis également mise en rapport avec des réalisateurs tibétains et tout cela m'a aidé à comprendre les difficultés auxquelles ils ont du faire face pour réaliser leur premier film.
La totalité du film a été tournée avec une caméra 8mm achetée chez un antiquaire à Paris et pour tout dire, je ne savais pas si cette caméra fonctionnait encore correctement alors que je filmais et je rappelais constamment à la distribution que je n'étais pas du tout sûre du résultat !
J'ai commencé sans avoir un réel projet de script, si ce n'est quelques lignes inscrites sur un cahier (board story) avec différents points dont je voulais parler et quelques termes d'argot utilisés par les Tibétains des villes dont il est fait usage dans le film.
Le but recherché en réalisant ce film a été de servir de tremplin pour les jeunes Tibétains pour qu'ils se mettent à créer quelque chose et essayer d'avancer dans le domaine du film Tibétain.
DAZEL 2009